Symposium National sur le Genre et le Développement

Allocution  du Coordonnateur Résident

du Système des Nations Unies à Madagascar

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Ouverture du Symposium National sur le Genre et le Développement

Hôtel Paon d’Or, Ivato, Mercredi 01 juillet 2015

Excellence, Madame Voahangy RAJAONARIMAMPIANINA, Première Dame
Madame le Ministre de la Population, de la Protection Sociale et de la Promotion de la Femme,

Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement

Honorables Parlementaires,

Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Mission diplomatique

Mesdames Messieurs les Responsables des Institutions internationales
Chers collègues du Système des Nations Unies,
Mesdames les membres des Organisations Féminines,
Mesdames et messieurs les représentants des organisations de la société civile et du secteur privé,
Distingués invités,
Mesdames, Messieurs

C’est un réel plaisir et un  immense privilège pour mes collègues du système des Nations Unies et pour moi-même, de prendre part  à cette cérémonie d’ouverture du Symposium National sur le Genre et le Développement.

Permettez-moi tout d’abord, de remercier les femmes et les hommes représentant les 22 régions qui ont accepté de faire le déplacement afin d’assister à cet événement important et oh combien symbolique. Votre présence à ce Symposium témoigne de votre engagement à agir ensemble pour créer un avenir meilleur pour les populations de la Grande Ile. En effet, ce symposium qui a pour objectif d’initier le processus de révision de la Politique Nationale de Promotion de la Femme et la mise à jour du Plan d’Action National Genre et Développement permettra de redynamiser l’implication de tous les acteurs du développement pour l’amélioration des conditions de vie de la population.

Mesdames et Messieurs,

Il y a vingt ans, 189 Etats Membres des Nations Unies se réunissaient à Beijing  pour la quatrième Conférence Mondiale sur les Femmes, et adoptaient  une feuille de route visionnaire pour l’égalité entre les sexes : la Déclaration et le Programme d’action de    Beijing. La Déclaration de Beijing a fixé des actions visant à résoudre 12 domaines de préoccupation critiques pour les femmes et les filles du monde entier. Les gouvernements, le secteur privé et les autres partenaires étaient invités à réduire la   pauvreté qui frappe les femmes et les filles, à garantir leurs droits à l’éducation et à la formation, à protéger leur santé, y compris leur santé sexuelle et reproductive, et à les protéger contre la violence et la discrimination.

 Il s’agissait   également de  leur faire profiter des avancées technologiques, et de promouvoir leur participation pleine et entière à la vie sociale, politique et économique. Le programme d’action de Beijing est un document qui continue d’orienter l’appui au développement fourni par le système des Nations Unies. L’égalité de genre et l’autonomisation des femmes et des filles figurent parmi nos plus hautes priorités. L’égalité des sexes est un droit fondamental, c’est aussi un facteur de développement humain et durable au même titre que l’autonomisation des femmes. Aucune société ne peut pleinement se  développer si les femmes ne participent pas équitablement à tous les aspects de la vie de leur famille, de leur communauté et de leur nation.

Des progrès ont été réalisés à Madagascar  en matière d’exercice des Droits par les femmes depuis la Troisième Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD) tenue au Caire en Septembre 1994 et la mise en place de la Plateforme de Beijing en 1995. Des résultats significatifs ont été enregistrés dans plusieurs domaines. Cependant les femmes et les filles les plus marginalisées et vulnérables du pays n’ont pas pu profiter de ces avancées.

 En effet, le rapport de l’Enquête sur le Suivi des OMD nous révèle que dans le domaine de l’éducation, la parité filles/garçons au niveau primaire est atteinte grâce au programme d’éducation des filles. Cependant, les filles demeurent défa­vorisées par rapport aux garçons à mesure que le niveau d’étude augmente. Concernant le développement de l’entreprenariat en milieu rural, il n’existe pas de politique particulière pour une meilleure implication et représentation des femmes alors que leur engagement est plus que nécessaire pour atteindre un taux de croissance à deux chiffres.

Selon les résultats de cette enquête, dans le secteur non agricole, les femmes sont moins nombreuses que les hommes (38% contre 62%). Quant à l’accès au crédit, la proportion des femmes qui participent actuellement au programme de microfinance est uniquement de 3,8%. Environ 14,4% d’entre elles rencontrent des problèmes pour le remboursement de leur prêt.

S’agissant de la participation des femmes dans la prise de décision au sein du ménage, la décision est prise conjointement entre les époux concernant les soins de santé, les dépenses couteuses du ménage et les visites aux parents. Il faut cependant noter que la participation de la femme dans la prise de décision sur le nombre des enfants et l’espacement de naissance est aussi importante pour son autonomisation ; pourtant, elle n’accède pas à ce type de décision. Dans les instances de prise de décision politique, économique et sociale du pays, et dans les sphères de décision du secteur privé la représentation des femmes à l’exception du pouvoir judiciaire, demeure encore faible par rapport à celle des hommes.

Enfin, il ressort des enquêtes récentes que 30% des femmes malgaches avouent subir des violences.

 Bien que la violence psychologique soit la plus répandue, la violence physique est endurée par 12% de femmes et la violence sexuelle est supportée par 7% d’entre elles. La moitié de ces violences a lieu dans le cercle familial. Aucune catégorie socio-économique n’est épargnée par la violence. Les femmes jeunes ont beaucoup plus de risques que leurs aînées de subir des violences.

Excellence Madame la Première Dame de Madagascar,
Mesdames et Messieurs, distingués invités

Le Système des Nations Unies que je représente félicite le Gouvernement Malgache de maintenir son engagement pour faire avancer l’égalité de genre à Madagascar. L’organisation de ce Symposium pour consulter les actrices et les acteurs du développement pour initier le processus de révision de la Politique Nationale de Promotion de la Femme et de la révision du Plan d’Action National sur le Genre et Développement constitue la concrétisation de cet engagement.

Au cours des 3 jours de ce Symposium, les participants auront l’occasion de discuter et échanger sur les onze thèmes qui ont été identifiés comme des priorités pour faire avancer l’égalité de Genre dans le pays. Les travaux donneront un aperçu des problèmes vécus par des femmes et des filles, mais aussi des hommes et des garçons, sur les onze thèmes critiques. Il s’agira également de déterminer les causes et les conséquences des problèmes identifiés dans ces thèmes. A l’issue du Symposium les recommandations formulées seront prises en compte pour la révision de la Politique Nationale de Promotion de la Femme et de la révision du Plan d’Action National sur le Genre et Développement.

Mesdames et messieurs,

Je suis confiante que les résolutions qui vont sortir de ce Symposium nous permettront de veiller à :

  • L’intégration du genre dans les efforts de protection de l’environnement et des interventions pour le développement durable à Madagascar ; dans les différents politiques, programmes et budgets de tous les secteurs économiques ; dans les programmes de santé pour que les femmes puissent faire des choix libres et informés dans tous les domaines, notamment concernant le nombre de leurs enfants et l’espacement de leur naissance ; dans les pratiques journalistiques et les médias ;
  • la prévention des violations des droits de la femme, la protection et la prise en charge des victimes de violence;
  • l’accès à l’éducation équitable pour les filles et les garçons;
  • la concrétisation de la réalisation de la résolution des Nations Unies sur le Genre, la Paix et la Sécurité ;
  • la participation des femmes dans les instances de prise de décision ;
  • la levée des barrières qui empêchent l’épanouissement des petites filles et des adolescentes ;
  • l’amélioration du mécanisme institutionnel de coordination et de suivi évaluation des interventions en faveur de l’égalité de genre.

Permettez-moi, de souligner encore le rôle militant de la Première Dame de Madagascar dans le combat pour améliorer le sort des plus défavorisées, en particulier celui des filles et des femmes.

Cet engagement ; Madame la Première Dame, est déjà effectif au niveau de la Campagne pour l’Accélération de la Réduction de la Mortalité Maternelle (CARMMA), dont vous êtes la Marraine. Vous avez accepté de vous investir pour accompagner le Gouvernement et ses partenaires dans toutes les actions visant à faire e sorte qu’aucune femme malgache ne meurt en donnant la vie.

 Il a encore été illustré de façon positive par votre engagement contre le Mariage des Adolescentes dont la Campagne nationale a été lancée sous votre présidence, le 2 Juin.

Le message que vous avez transmis à cette occasion était clair : laissons les enfants étudier, apprendre, se développer afin de contribuer plus positivement au développement de leur pays : ne les marions !

Je sais aussi combien vous tient à cœur le sort de ces milliers de femmes malgaches victimes de fistules obstétricales suite à des accouchements difficiles. Le lancement prochain de la Campagne nationale de lutte contre les fistules avec vous comme Marraine sera une nouvelle opportunité de témoigner de cet engagement.

En vous vous réitérant en même temps que nos hommages les plus déférents, nos remerciements les plus chaleureux pour votre disponibilité, nous voudrions formuler le vœu que votre exemple puisse servir de moteur à toutes les femmes leaders de ce pays et au-delà, à tous les décideurs, à tous les niveaux, pour un engagement constant dans la lutte contre les inégalités et les iniquités basées sur le sexe.

Soyez assurés, que les Nations Unies, qui depuis 70 années travaillent sans relâche pour une paix mondiale basée sur l’égalité des droits, le respect des différences, la non-discrimination, l’autonomisation des femmes,  resteront aux cotés des couches les plus vulnérables, et continueront à appuyer les efforts de développement du Gouvernement en général, sa stratégie d’une meilleure prise en compte de l’égalité et de l’équité des sexes dans les politiques et programmes de développement, en particulier et accompagner ainsi les bonnes initiatives en faveur de l’exercice des droits humains par les femmes.

Je vous remercie votre aimable attention.

Misaotra Tompokovavy, misaotra Tompokolahy.