Conférence de presse sur la prostitution et le tourisme sexuel des enfants à Madagascar

Ce 26 Juillet 2013, s’est tenu à l’immeuble Galaxy d’Andraharo, une conférence de presse sur l’exploitation sexuelle  des enfants, dirigée par la rapporteuse spéciale des Nations Unies : Najat Maalla M’jid en mission à Madagascar depuis 15 Juillet jusqu’à la date de la conférence. Cette pédiatre marocaine, membre de la commission sur les droits de l’enfant ainsi que du conseil marocain des droits de l’homme, a exprimé ce jour sa grande inquiétude quant à la banalisation de l’exploitation sexuelle des enfants et à l’impunité des auteurs de ces crimes dans la grande île.

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En effet, la pauvreté dans laquelle est tombé le pays suite aux  crises politique successives, ainsi que certains us et coutumes, et le faible budget alloué au ministère de la population et des affaires sociales, pierre angulaire de la protection de l’enfance  (0, 68% du budget total de l’Etat), constituent les principales causes de la croissance de cette exploitation sexuelle. Cependant, déterminer l’ampleur réelle de ce fléau reste difficile en raison du non signalement des cas d’agression ou d’abus aux autorités compétentes. Et les timides signalements faits sont rarement suivis de lourdes sanctions bien qu’elles soient stipulées dans la législation malagasy. En effet, bien que qualifié de délit, le viol s’il est commis à l’encontre d’un mineur,  devient un crime qui peut-être puni d’une peine d’emprisonnement de vingt ans. Quant aux parents qui, même pour une question de survie,  poussent leurs enfants à la prostitution,  pourront être accusés de proxénétisme prévu par l’article 334 du code pénal malgache.

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En outre, selon  la rapporteuse spéciale, les raisons du  manque d’effectivité des lois trouvent leur source dans la corruption et  dans les difficultés d’accès des enfants à des mécanismes de recours garantissant leur protection et leur sécurité. Quant aux arrangements amiables, ils sont  le plus souvent faits au niveau communautaire au détriment de l’enfant. Cependant, l’on ne peut nier les nombreux efforts entrepris comme la création du comité national de Protection de l’Enfance, les réseaux de protection, les centres d’écoute et de conseil juridique, la ligne verte et les campagnes de sensibilisation visant à lutter contre le tourisme sexuel et la prostitution des enfants. Néanmoins, malgré toutes ces initiatives, l’on est encore loin de l’éradication du fléau ; plusieurs actions sont encore à entreprendre comme le travail de changement de normes et de perceptions, la promotion d’un tourisme responsable et éthique, l’adoption de mesures de sauvegarde sociale et environnementale, la prise en charge des enfants (scolarisation, accès aux soins, etc.), la lutte contre la pauvreté de manière durable et surtout la nécessité d’une grande volonté politique et de sanctions exemplaires.

 Tantely RASAMOEL